La nuit. Ou le jour, qu'importe.
Une chandelle et son bout. Sa lumière est cette boue où nos actes et nos regards percent. Elle éclaire doucement cet espace que les murs entre–serrent.
Tresse, laine, fil, ficelle. Elle, cordière, cordelière, corde, tisse. Liens de l'autonomie et liens du supplice. Boue des infamies et boue de matrice.


Je suis dans les 1300, dans les 1500, dans les 1940, qu'importe. Je suis dénigrée, déniée, dé–liée, dis–persée, parce que femme, parce que pensante et agissante, parce que autre. Parce que étrangère. On me dit porte du chaos quand l'homme, le pouvoir, sont dits porter la vie.


Je disparais le 14 avril 2013, mais de ma longue histoire des traces restent. Des écrits, des chants, des tissages. Cette lettre, par exemple. On la tient de François, les nouveaux ordres mendiants la colportent :

"Savoir, mais pour mieux agir. L'Apôtre dit : La lettre tue, mais l'esprit fait vivre. La lettre tue ceux dont la curiosité s'arrête aux mots du texte ; ce qu'ils veulent, c'est paraître plus savants que les autres, et pouvoir acquérir ainsi de grandes richesses dont ils feront profiter leurs parents et amis. La lettre tue les religieux qui ne veulent pas approfondir l'esprit de la sainte Ecriture, mais qui préfèrent s'en tenir uniquement à la connaissance et au commentaire des mots."


RRES FR EN