Deux projets, deux versants de la culture, nécessairement complémentaires, reliés et nourris par l'ancrage territorial de l'association au sein de démarches de coopération, pour développer plus avant :

  • sa force de proposition, par des projets pouvant contribuer à (re)tisser liens et degrés entre ce qui relève du champ dit de la culture et la culture au sens anthropologique
  • et sa démarche globale en direction des publics mixtes et des publics dits empêchés, intitulée "l'en–commun"


En s'impliquant dans la co–construction de :

  • la mise en place d'un outil transversal destiné à favoriser la migration culturelle à même de soutenir et d'autonomiser des projets de coopération et d'innovation, et viser ainsi une évolution systémique plutôt que des multitudes de solutions techniques ponctuelles
  • le partage de pédagogies de projet, de coopération, et d'éducabilité cognitive, en soutien aux capacités de risque et de projet des personnes et structures du territoire
  • le soutien au développement du territoire en tant que sujet autonome, amenant ses propres é face aux schémas de déliaison et de consommation, et remettant des fins au–delà des moyens




Il s'agit de garder l'exigence artistique et de s'appuyer sur la qualité de mouvement/ abstraction/ construction qui lui est propre, pour mieux la mettre au service d'une approche plus fondamentale de chacun quant à son agilité psychique et affective : être au clair quant à ses ancrages pour être plus libre de ses mouvements et plus disponible par rapport à une centralité commune.


Le support d'une telle démarche peut ne pas être artistique, en revanche il est nécessairement culturel : car pour que la migration opère et aboutisse à une liaison et une projection communes, il faut un ancrage dans le quotidien, sur lequel on s'implique par une fabrication, par laquelle on peut faire récit, pour une action commune.


La dimension artistique que peut apporter la compagnie est alors simplement la marche suivante ; elle ne fait vraiment sens et lien que si d'autres "marches" y sont associées et dans une continuité. D'où la vannerie et le tricot sur les créations collectives, on peut imaginer aussi des ateliers cuisine, du jardinage, de la transformation ou de la transmission d'objets, ...




La démarche se situe à la fois hors de la surconstruction parfois associée à la création artistique, et hors du loisir culturel dans le sens où il est demandé aux participants et/ ou spectateurs une véritable participation.


L'objectif est de contribuer à une recohésion sociale, par l'autonomisation et la (re)mise en lien de chacun — personne ou structure — plutôt que son asservissement.

Il est politique au sens de l'implication dans la vie de la cité.

Il vise à l'accompagnement de la transition sociétale en cours, vers des valeurs ESS et des fonctionnements de coopération, par la contribution à des outils amorçant la dite transition dans nos fonctionnements propres au quotidien.




Pour reprendre l'image de Miguel de Unamuno quant à l'histoire — l'histoire est comme un océan, les grandes vagues en surface sont les événements bien visibles qu'on raconte, les courants sous–marins sont les petites histoires du quotidien qui portent la grande histoire — on pourrait dire que les spectacles, les aboutissements de créations collectives, ... les formes publiques finales et valorisables des processus de création sont des grandes vagues, et relèvent du projet artistique de la compagnie : le visible, ce qui se raconte, ce qui est communicant.


Le projet associatif par contre serait au niveau des courants de fond, qui amènent non seulement la forme mais la force, qui demandent du temps et de l'ancrage pour émerger au visible, qui sont ce qui se vit dans toute sa complexité.


Le risque de la forme mise en premier c'est le désinvestissement, le fait d'agir sans vraiment saisir ni sentir pourquoi. Couplé au besoin que nous avons de récits pour nous représenter le monde, cela tend à alimenter des sous–produits de religiosité/ surinvestissement conceptuel attisant la déliaison et par ricochet le ressentiment collectif, car nous amenant à des "être avec" définis contre d'autres.


La démarche de Keruzha part de l'acquis par l'expérience, du mouvement interne, vers la forme, vers la reliaison.

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